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Guide réglementaire · VGP

Registre de sécurité : obligation, contenu et bonnes pratiques

Ce guide distingue les informations à consigner, les rapports à annexer ou à référencer et les règles de conservation applicables.

Lecture : 6 min Par Adil F., vérificateur VGP indépendant Sources officielles citées Mis à jour : juillet 2026

Ce que prévoit le Code du travail

L’employeur doit conserver les attestations, consignes, résultats et rapports relatifs aux vérifications et contrôles qui lui incombent. L’article L. 4711-5 autorise leur regroupement dans un registre unique lorsque cette organisation facilite leur conservation et leur consultation. Il ne crée pas, à lui seul, un modèle de registre identique pour toutes les entreprises.

Pour les équipements de travail, les résultats des vérifications sont consignés dans le registre de sécurité conformément à l’article R. 4323-25. Lorsqu’un intervenant extérieur établit un rapport, celui-ci est annexé au registre ou fait l’objet d’une référence précise permettant de le retrouver, selon les modalités de l’article R. 4323-26.

L’article D. 4711-3 prévoit une conservation pendant les cinq dernières années et, dans tous les cas, pour les deux derniers contrôles ou vérifications. Garder l’historique complet d’un équipement pendant son utilisation facilite toutefois le suivi de son état.

Quels documents organiser ?

Le dossier doit d’abord permettre de retrouver les justificatifs exigés pour chaque installation ou équipement. Un inventaire général n’est pas toujours imposé sous une forme déterminée, mais il constitue un index opérationnel utile.

  • les résultats et rapports de VGP des équipements concernés ;
  • les rapports de mise en service ou de remise en service lorsqu’ils sont requis ;
  • les justificatifs des autres vérifications applicables : installations électriques, moyens de lutte contre l’incendie, portes automatiques, EPI ou systèmes d’aération, selon l’activité ;
  • les observations formulées et les éléments permettant de suivre les actions correctives engagées.

Chaque document doit être daté et permettre d’identifier la personne ou l’organisme ayant effectué le contrôle. Pour les équipements de travail, le résultat doit aussi être rattaché sans ambiguïté à l’équipement concerné.

Une organisation pratique, sans modèle imposé

Rubrique conseilléeContenu
InventaireIdentification, vérification applicable, dernière date connue et prochaine échéance
Rapports par équipementRésultats, rapports externes ou références d’archivage, puis preuves de traitement des observations
Dossiers complémentairesAutorisations de conduite et preuves de formation ou d’évaluation utiles ; les informations de santé sont gérées séparément selon les règles de confidentialité
Autres vérificationsÉlectricité, incendie, portes automatiques, EPI et autres contrôles applicables à l’établissement

Un support papier ou numérique peut être retenu. Dans les deux cas, les personnes chargées de répondre à un contrôle doivent savoir où se trouvent les documents et pouvoir les présenter dans un délai compatible avec la demande.

Le dossier face à l’inspection du travail

Lors d’un contrôle, les documents sont rapprochés de la situation réelle : équipements présents, vérifications applicables, dates et suites données aux observations. Les écarts les plus fréquents sont les suivants :

  • un équipement présent, mais absent du suivi ;
  • une échéance dépassée ou une périodicité mal identifiée ;
  • des observations sans trace de traitement ;
  • un rapport difficile à rattacher à l’équipement ou au vérificateur.

Un rapport introuvable ne démontre pas automatiquement que la vérification n’a jamais été réalisée, mais il affaiblit la capacité de l’employeur à justifier le respect de ses obligations. Selon les circonstances, l’agent de contrôle peut notamment prescrire des intervalles de vérification plus courts au titre de l’article R. 4721-11. Les articles R. 4722-5 à R. 4722-8 encadrent, pour leur part, la vérification de conformité pouvant être demandée à un organisme accrédité.

Registre, DUERP et carnet de maintenance : trois fonctions distinctes

  • Le registre de sécurité organise les résultats et justificatifs des vérifications réglementaires.
  • Le DUERP recense et évalue les risques professionnels ainsi que les actions de prévention. Il ne remplace pas les rapports de vérification.
  • Le carnet de maintenance retrace les opérations d’entretien et de réparation prévues pour certains équipements. Il complète la VGP sans s’y substituer.

Entreprises multi-sites et matériel itinérant

L’organisation doit permettre de présenter, pour chaque établissement, les justificatifs correspondant aux équipements qui y sont exploités. Pour un matériel itinérant, conserver une copie du dernier rapport à bord peut simplifier un contrôle sur chantier : il s’agit d’une mesure pratique, et non d’une obligation générale applicable à tous les équipements.

Quelles conséquences en cas de dossier incomplet ?

Les conséquences dépendent du document manquant, de l’obligation réellement applicable et des faits constatés. Une traçabilité insuffisante peut constituer un manquement documentaire et compliquer la preuve d’une vérification. Si une vérification obligatoire n’a pas été réalisée, des sanctions distinctes peuvent s’appliquer. Notre guide défaut de VGP : quelles sanctions présente ces situations avec leurs conditions.

Trois habitudes pour garder un dossier fiable

  • Planifiez les échéances applicables. Regroupez les interventions lorsque cela est pertinent, sans modifier les périodicités propres à chaque équipement. Consultez la page VGP pour identifier les principales familles.
  • Documentez le traitement des observations. Conservez les factures, comptes rendus ou autres preuves utiles avec la fiche de l’équipement.
  • Désignez un responsable du suivi. Une règle d’archivage commune et des rappels d’échéance limitent les oublis lors des changements d’équipe.

Questions fréquentes

Le registre de sécurité est-il obligatoire pour une petite entreprise ?

La taille de l'entreprise ne dispense pas de tracer les vérifications réglementaires auxquelles elle est soumise. Pour les équipements de travail concernés, les résultats sont consignés dans le registre de sécurité. L'article L. 4711-5 permet de regrouper plusieurs documents dans un registre unique, sans imposer un formulaire universel.

Existe-t-il un modèle officiel de registre de sécurité ?

Non, aucun formulaire unique n'est imposé. Un classement papier ou numérique peut convenir si les documents restent datés, identifiables, lisibles et accessibles lors d'un contrôle. Le support choisi ne doit pas compromettre leur conservation ni leur consultation.

Combien de temps faut-il conserver les rapports de vérification ?

L'article D. 4711-3 du Code du travail prévoit la conservation des documents concernant les cinq dernières années et, dans tous les cas, ceux des deux derniers contrôles ou vérifications. Conserver l'historique complet de l'équipement pendant son utilisation reste une bonne pratique de suivi.

Qui peut demander à consulter ces documents ?

L'inspection du travail peut demander les attestations, consignes, résultats et rapports visés par le Code du travail. D'autres acteurs, notamment le CSE ou les services de prévention, peuvent disposer de droits d'accès selon le document et le texte applicable.

Le rapport VGP d'AF Inspection peut-il être classé dans le registre ?

Oui. Chaque rapport identifie l'équipement et le vérificateur, indique la date de la vérification et présente les constats relevés. Il peut donc être classé ou référencé avec les autres justificatifs réglementaires de l'établissement.

Des rapports faciles à intégrer à votre suivi

AF Inspection fournit des rapports identifiés et datés, puis peut vous aider à structurer le suivi des prochaines échéances.

  • Un rapport par équipement, avec des constats clairement présentés
  • Les informations utiles pour mettre à jour l'inventaire du parc
  • Des rappels d'échéance organisés selon les modalités convenues
  • Un interlocuteur pour les équipements couverts par nos prestations